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L'absurdité d'un moule unitaire : confusion et découragement

 

Les circonstances ont fait que je me suis éloigné des discussions concernant l'organisation du mastère et je n'en saisis plus la logique, rendue confuse par le contre-coup de l'application du "L", de ses demandes totalement imprévues de moyens, des modifications importantes de contenus et de pédagogie qui se sont imposées devant un public hétéroclite et rétif, et d'un calendrier totalement irréaliste.

Nous avons entériné de bonne foi une maquette extrêmement complexe, contraignante, à peu près impossible à gérer, et contraire à la fois aux v?ux et aux capacités des étudiants, à moins d'abaisser sensiblement nos exigences, et de décourager les meilleurs. Or il s'avère qu'il y avait d'autres lectures possibles du LMD et que d'autres universités ont choisi des maquettes beaucoup plus réalistes et plus simples, contrairement à l'idée dont on a voulu nous persuader, que l'interprétation qu'en faisait Lyon 2 était la seule bonne et légitime. La réputation de carcan administratif et de dogmatisme idéologique dont souffre notre université n'a pu que s'aggraver, au point que cette réputation commence à lui nuire sérieusement auprès des autres universités et de l'opinion, obérant à la fois le recrutement de nouveaux collègues qui refusent de s'engager dans cette galère, et l'inscription d'étudiants informés. [...]

Il y avait cependant un élément dans la réforme qui m'avait d'emblée incité à l'approuver : le passage du module d'enseignement de 2h à 1h30 et de 12 à 14 semaines. Je continue à estimer qur'en dépit des inconvénients qu'on peut trouver à cette formule ces inconvénients sont largement compensés par les avantages, sur le plan de la capacité d'attention et d'intérêt des étudiants, et sur celui de la durée de l'apprentissage.

Par la suite, sans doute pour calmer les enseignants voyant la durée de l'année s'allonger, mais surtout pour parvenir à tout caser dans un nombre de semaines incompressible, la quatorzième semaine a été sacrifiée au profit d'un prétendu "partiel de fin de semestre" qui est en fait un examen terminal - ce qu'il doit être. On est donc passé d'un bon principe, qui donnait aux étudiants 21heures de cours (diminution par rapport aux 24h de naguère,certes, mais compensée à mes yeux par une meilleure effiicacité de l'apprentissage) à une pratique de 13 semaines effectives , soit 19h30, ce qui dénature les choses. C'est une réduction sensible du volume de l'apprentissage et une réduction parallèle du temps de l'apprentissage. On va bientôt, à cause du poids des examens, retrouver nos 12 semaines d'antan, mais à 1h30, avec une perte sèche de 6h, soit exactement 1/4 du volume horaire. Ceci me paraît inacceptable.

De plus, une grande confusion a présidé à l'organisation des "partiels" de fin de semestre, associés ou non aux examens des DA. En fait la session d'examens a duré deux semaines, rendant impossible de faire cours la quatorzième semaine même si le partiel/examen était fixé pendant la quinzième. Il faut clarifier l'orgainsation de cette session. A mon sens la seule bonne solution est que tout se passe en quinzième semaine, soit après la fin de la quatorzième (comme naguère tout se passait après la fin de la douzième). Il faut encore et toujours alléger le poids des examens en regroupant les cours, en couplant les options, etc., ce dont on ne cesse de parler mais que les pesanteurs sociologiques rendent constamment vain.[...]

Les "linguistes" ont encore plus de raisons que les "littéraires" de considérer que le moule unitaire dans lequel on veut couler à la fois le droit et la musique, la sociologie et la compétence en langue étrangère, etc, est une absurdité.

Alain Bony

Professeur

Département d'études du monde anglophone


mise à jour le 10 juin 2004


Université Lumière Lyon 2