Publié le 23 août 2021 Mis à jour le 23 août 2021

de Philippe Pelletier

Pègre et nationalisme au Japon
À l’instar du ninja et du samurai, le yakuza fait partie des figures imposées de la culture et de la société japonaise. Largement représenté dans la littérature et le cinéma, couvert de tatouages, phalange coupée, langage rude et violence soudaine, il fascine et interroge : comment cette structure archaïque et quasi-féodale peut-elle perdurer dans un Japon démocratique, industrialisé et technologique ?
Pour comprendre et éviter le piège de l’essentialisation et du culturalisme, une comparaison avec d’autres pays, notamment la mafia née en Sicile, permet de dégager des éléments communs, mais aussi de mettre à jour la spécificité de la pègre japonaise : sa proximité avec l’extrême droite, dans l’idéologie comme dans l’action.
S’appuyant sur un méticuleux travail de recherche et une analyse originale, Philippe Pelletier démontre ainsi comment les yakuza sont nés à un moment donné, en un lieu donné, en réponse à une demande politique qui interroge in fine sur deux éléments : la nature réelle de la démocratie japonaise et le rôle d’une figure tout aussi emblématique que le yakuza, celle de l’empereur.

Philippe Pelletier est professeur émérite de géographie à l’Université Lumière Lyon 2, spécialiste du Japon, mais aussi d’Élisée Reclus, géographe et anarchiste. Il est notamment l’auteur d’Anarchisme, vent debout !, de L’Invention du Japon et a co-dirigé le Dictionnaire critique de l’anthropocène.